Partager l'article ! Quand Trepiùno a suscité des passions dans dans un contexte de crise Fiat: Si la 500 avait été lancée dans le contexte de crise grave traver ...
Ce blog propose des éléments d'analyse du marketing pratiqué par Fiat pour la 500, depuis les 500 jours qui ont précédé
son lancement commercial en septembre 2007, jusqu'aux actuelles stratégies de diversification et de gestion commerciale du produit.
Si la 500 avait été lancée dans le contexte de crise grave traversé par Fiat dans les années 2003-2005, on aurait probablement retenu que ses dirigeants avaient exploité à fond les valeurs de nostalgie, en réinterprétant les lignes d’une automobile inscrite dans la mémoire collective parce que les idées manquaient. Allait-on vers un échec ?
D’après Greggio (2003b), « en une quinzaine d’années, Fiat a vu fondre sa part de marché sur le continent : co-leader en 1988 avec Volkswagen (14,9%), sixième et dernier des grands généralistes depuis la décennie suivante, avec 8,8% en 2002 ». Les années 1960 sont loin où la 500 « établissait un nouveau standard de voiture minimaliste ». Dans les années 1990, les résultats de Fiat sont très insuffisants, comme le révèle le tableau ci-après. Les Bravo et Brava n’ont atteint sur le segment moyenne gamme que 53,6% des objectifs de vente. La compétitivité se détériore même avec la Seicento dans le segment des petites urbaines pour lequel le constructeur avait révélé un réel talent durant les années 1960 aux années 1980, avec les 850 (1966), 127 (1971), Panda (1979) puis Uno (1983), véhicules différenciés et aboutis, emblématiques de la réussite de Fiat. Lorsque Trepiùno n’apparaît que comme un concept car sans objectif de commercialisation, les passions qui surgissent se situent dans un contexte de crise, « sans doute plus grave que dans le passé. Par rapport aux séismes des années 1970 et du début de la décennie 1990, on relève une situation plus instable : des parts de marché fortement compromises, surtout en Italie, un pouvoir de marché sérieusement ébranlé ; une concentration relative des concurrents bien plus importante ; une image sérieusement fissurée pour certains blasons (quasi disparition de Lancia à l’extérieur de l’Italie) ; et une situation capitaliste très incertaine » (Greggio, 2003b) et l’échec de l’alliance avec General Motors[1].
Tableau : Confrontation des objectifs commerciaux et des résultats obtenus par Fiat
|
Modèle |
Objectif |
Année de lancement |
Année de retrait commercial |
% de l’objectif voulu |
|
Punto (1ère génération) |
700000 |
1993 |
1999 |
86,13% |
|
Bravo/Brava |
400000 |
1995 |
2001 |
53,67% |
|
Barchetta |
20000 |
1995 |
2002 |
68,57% |
|
Marea |
145000 |
1996 |
2001 |
68,57% |
|
Seicento |
250000 |
1997 |
2003 |
65,39% |
|
Multipla |
50000 |
1998 |
2004 |
97,83% |
|
Stilo |
350000 |
2001 |
2007 |
32,59% |
(1) Production maximum réalisée en un an
(2) Production moyenne annuelle sur la vie du modèle
Source :
Volpato G.,
Fiat Auto – Un’araba fenice nell’industria automobilistica internazzionale, II Mulino, Bologna, 2008.
Greggio R., « Comprendre la crise de
Fiat », onzième rencontre internationale du GERPISA, Ministère de la recherche, Paris, 11-13 juin, 2003.
[1] L’accord est dissout le 14 février 2005. GM a versé au groupe italien 1,55 milliard d'euros en échange de l'annulation de l'option de vente, de la dissolution des sociétés communes (moteurs et composants), et de la restitution à Fiat des 10 % détenus par l'américain dans Fiat Auto Holdings. Les Echos, n° 19350, 14 février 2005.